Par quoi commencer ? J’ai juste envie de vous dire d’emblée que c’est un ouvrage à absolument avoir dans sa bibliothèque et que le lire une fois par semaine ne serait pas un luxe. Pourquoi ? Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes.

J’aimerai tout d’abord vous demander, honnêtement, entre vous et moi, quelles ont été vos premières impressions à la lecture du titre de l’ouvrage que l’on vous propose aujourd’hui. Franchement jouez le jeu et répondez vous vous-mêmes !

En ce qui me concerne, comme d’habitude je cherchais un bouquin à chroniquer, et la seule chose que je savais c’est que j’avais envie de lire un livre de spiritualité. Je suis tombée sur cet intitulé et ça a été tout de suite un pincement au cœur. Et pas qu’un pincement d’ailleurs, c’était la grosse montée d’adrénaline c’est comme si…comment vous expliquer ? C’est comme si mon cœur était serré et ma poitrine oppressée. C’est comme si on venait de mettre un miroir devant moi et qu’on m’obligeait à me regarder malgré moi. Moi face à mon comportement, moi face à mes erreurs, moi face à mes actes cultuels, moi face à mes engagements, moi face à mon âme.

Dans cet ouvrage qui traite de spiritualité, comme vous l’avez sans doute compris, l’auteur s’intéresse avec un style magnifique, à notre intériorité, à cet organe noble qu’est le cœur. Il nous offre un excellent outil d’évaluation de nos négligences, de nos manquements, de nos intentions. Et nous invite ainsi à l’introspection, à mettre à nu notre âme, et, comme le titre l’indique, à l’examen de conscience et à une vigilance constante de notre cœur.

 

Don’t panic ! L’Imam Al Ghazali, nous apporte des éclaircissements sur cette âme qui nous fait défaut et nous pousse à notre propre perte, et nous expose son fonctionnement. Et au moyen d’exhortations, de paroles prophétiques, de récits d’hommes vertueux des générations précédentes, il nous offre le moyen de nous purifier de manière méthodique. Et nous apporte quelques remèdes à ces maux du cœur, à ces maladies de l’âme, sans omettre de nous inviter à l’acquisition de la science divine et à la méditation de nombreux attributs divins auxquels il fait référence dans ce présent ouvrage.

 

L’auteur :

L’imam Abu Hamid Al Ghazali, grand théologien de l’Islam, mais aussi conseiller du calife de Bagdad puis théoricien du droit, il fut l’un des personnages les plus brillants dans le monde musulman, et ce, grâce aux trésors inépuisables de la littérature Islamique qu’il laissa.
Nommé « La preuve de l’islam », l’influence d’Al Ghazali était profonde et éternelle. Il est devenu un étendard de l’Islam.

 

Le livre : Vigilance du cœur et examen de conscience

Ce livre représente un extrait de la grande et célèbre œuvre de l’Imam Al Ghazali, rahimouAllah, Revivification des Sciences Religieuses, ou encore connue en langue arabe sous le nom d’Ihyâ’ ‘Ûlûm al-Din.
Il se compose de huit parties, dont certaines beaucoup plus courtes que d’autres.

 

Première partie : Fixer à l’âme des conditions
Dans ce chapitre, il est question d’Exigence. Al-Ghazali s’intéresse plus particulièrement à l’association de l’intellect et de l’âme, et à l’exigence que la raison impose à celle-ci pour sa propre réussite. Il s’agit en fait de lui imposer d’agir conformément à ce qu’Allah Ta’ala a prescrit. Une fois ses conditions posées, la raison va ensuite surveiller cette âme. Car on sait tous que l’âme par nature est instigatrice du mal et pousse l’Homme à faire des actions blâmables. Et tout comme nous étudions nos comptes pour éviter d’être dans le rouge à la fin du mois, l’auteur nous invite à veiller au respect des conditions qui ont été préalablement fixées.

 

Franchement, est-ce qu’on le fait quotidiennement, est-ce qu’on le fait tout court ce bilan ?

 

Alors qu’on sait tous que nos jours sont comptés, que notre mort est fixée et que chaque jour qui passe nous rapproche de la tombe ! Si nous avons le projet de faire un voyage pour une date précise, ne serions-nous pas rigoureux dans nos comptes ? Alors qu’en est-il quand on sait que la destination ultime qu’Allah Ta’ala nous promet est le paradis ou l’enfer, comment devrions nous être face à nos comptes ?

 

Dans ce chapitre, l’Imam en profite pour nous mettre en garde contre la perte de temps, la paresse, la nonchalance, la négligence pour ne pas laisser place au regret qui, comme on le sait tous, n’est malheureusement pas salvateur. Et il nous recommande ainsi de nous accorder un temps après la prière de l’Aube par exemple, pour imposer à son âme des conditions. Ces exigences, le croyant doit également les imposer à ses membres ; Les membres doivent en quelque sorte suivre avec cohérence l’orientation de son âme. Car n’oublions pas les membres sont les exécutants de nos œuvres et peuvent être à l’origine de notre perte !

 

L’auteur nous explique à ce propos que les sept portes de l’enfer correspondent aux sept membres et organes (œil, oreille, langue, ventre, sexe, main, pied) par lequel le croyant a désobéi. Il nous met ainsi en garde contre la désobéissance, les transgressions et nous appelle aux bonnes œuvres. On pourrait prendre l’exemple de l’organe de la langue, il faut préférer le dikhr ou la récitation du Coran au détriment des dégâts des mots tels que la médisance, les calomnies qui occasionneraient la déchéance de l’âme, notre propre perte!

 

Deuxième partie : Vigilance et conscience du regard divin
Après avoir consacré le précédent chapitre aux recommandations nécessaires à l’âme, l’auteur passe à la seconde étape de notre examen de conscience et aborde la question de la Vigilance.

 

Il nous en donnera une définition, puis nous proposera des orientations afin d’amener notre cœur à cette station de vigilance. Il met tout d’abord en lien cette station de la Vigilance à quelques attributs divins : Sa Grandeur, par exemple ! Et il nous invite à en méditer le sens.

 

Pour illustrer mes propos, je ne peux pas ici ne pas vous citer un passage de ce chapitre que je trouve très parlant ; Il ne s’agit d’autre qu’une des célèbres paroles du prophète qui dit « C’est ce que tu adores Dieu comme si tu le vois, et si tu ne le vois pas sache qu’Il te voit ». On comprend donc ici que l’auteur nous appelle à la surveillance, à la vigilance avant et pendant l’accomplissement d’un acte. Car même si nous nous sentons à l’abri du regard d’autrui, Allah Jallal Jalalahu dans Sa toute puissance nous voit, il n’y a aucune place pour l’artifice ! C’est du regard de notre propriétaire que nous devons nous soucier et nos de celui des Hommes.

 

Le contenu de ce chapitre est tout simplement magnifique, car non seulement Al-Ghazali tire la sonnette d’alarme en nous invitant à prendre conscience de la Présence d’Allah Ta’ala dans tous ce que nous accomplissons; Mais en plus il établit en quelque sorte les fondements de l’œuvre et nous donne une feuille de route, une marche à suivre pour son accomplissement. Il nous propose ainsi de nous pencher sur trois questions essentielles :

Pourquoi ?

Pour qui ?

Comment ?

Et si vous l’avez bien compris, ces questions sont directement liées aux notions d’intention, de sincérité et d’apaisement du cœur (par l’accomplissement de licite ou d’illicite). Dans cette station, le serviteur est éveillé sur sa négligence et amené à vouloir se rectifier. Si on sait qu’Allah Ta’ala est avec nous où que nous soyons, il nous faut craindre Allah de jour comme de nuit, seul ou en public, en voyage ou en résidence, et en tout lieu nous efforcer de corriger notre attitude extérieure et intérieure pour qu’elle Lui plaise.

 

Troisième partie : Définition de la Murâqaba et ses divers degrés
Dans ce chapitre, le titre est suffisamment explicite, l’auteur nous explique ce qu’est la Murâqaba. En fait c’est comment vous dire…C’est avoir en permanence la ferme conviction d’être sous l’observation d’Allah Ta’ala. C’est avoir la certitude qu’Allah Ta’ala nous observe dans nos moindre faits et gestes, même dans nos pensées les plus intimes. Dans cette station, ce sentiment ne nous quitte jamais et il n’y a pas de place au doute ! Notre cœur est en permanence attaché à Allah Ta’ala. Et cette disposition du cœur aura donc une influence sur nos comportements à la fois intérieurs et extérieurs.

 

L’imam Al-Ghazali nous apporte une distinction dans les degrés de cette station, en divisant les personnes en deux catégories : as-siddiqun ou les véridiques et ashâbal – yamin ou les gens de la droite.

 

Dans la première catégorie, les gens agissent sous la crainte révérencielle al- taqwa et ne laisse de place à nulle autre que Le Créateur ; Les membres de ces serviteurs ne sont animés que par ce cœur complètement absorbé par la Présence d’Allah Ta’ala et accomplissent des actes pieux sans aucune réticence.

 

Quant à la seconde catégorie, le cœur de ces Hommes est également imprégné de la conscience du regard divin. Ils ont conscience et sont convaincus qu’Allah Ta’ala les observe en permanence, mais leur cœur n’est pas motivé par la crainte révérencielle. Ils restent distraits ! Lorsque nous nous trouvons dans cet état de vigilance, il nous faut surveiller l’ensemble de nos actions, de nos pensées. Nous devons prendre le temps du juger avant d’agir, le temps de sonder nos motivations pour évaluer si elle vise Allah Ta’ala ou ce bas monde. Et agir en conséquence : accomplir ou s’abstenir d’accomplir une dite action. Pour ce faire, l’Imam pointe tout d’abord le devoir religieux de tout musulman d’acquérir la Science, celle relative aux prescriptions légales, de connaitre Allah Ta’ala, les ruses de shaytan et son armée pour ainsi développer une capacité de discernement. Car un ignorant n’est pas dégrevé de ses fautes ! Et comment pourrait-on être vigilant si on ne connait pas son âme ? Si on ne connait pas notre Seigneur ? Si on ne sait pas ce qui plait ou déplait à Allah ? Si on n’a pas conscience des pièges de shaytan et son armée ? Ensuite il termine ce chapitre en nous exhortant à la patience, patience dans l’affliction, patience dans l’aisance, patience dans l’obéissance et patience en s’interdisant les actes de désobéissance.

 

Quatrième partie : L’examen de conscience après l’action

 

Cette partie est très brève car elle sert plus au moins de transition au prochain chapitre. Ici nous sommes dans une quatrième étape, celle de l’examen de conscience après l’accomplissement d’une œuvre. Comme on l’a vu précédemment, le croyant est maitre de ses actes, mais parallèlement ce bas monde s’emploie à l’emprisonner. Nous avons heureusement le Coran et la sunna du prophète qui nous évitent d’être perdus et qui nous offrent des outils d’évaluation et de purification de nos actes. Comme il nous a été conseillé de prendre quelque temps pour soi pour exiger à notre âme des recommandations, l’auteur nous recommande de nous accorder du temps en fin de journée pour réclamer à nos sept membres des comptes relatifs à nos actions passées.

 

Cinquième partie : Définition de la Muhâsaba

 

Après avoir considéré l’action ayant déjà eu lieu, nous voici dans cette cinquième étape : celle d’al-Muhâsaba, celle des comptes ! C’est comme si un commerçant faisait son bilan et évaluait ses pertes et profits. Et moi j’en suis où dans tout ça ? Mon âme est bénéficiaire ou déficitaire ? Il s’agit de faire un bilan en commençant dans un premier temps par celui de nos observances obligatoires, puis interroger nos sept membres sur leurs faits et gestes de la journée, pour enfin s’occuper du surérogatoire.

 

Une fois cette étape terminée, tout comme on le fait pour les affaires de ce bas monde, on établit en quelque sorte un registre du cœur. L’accomplissement des obligations rituelles représente le capital religieux, nos péchés sont enregistrés en tant que pertes, et les actes surérogatoires en tant que profit. Ce qui nous amènera à : soit encourager notre âme pour les bonnes œuvres accomplies ; soit de lui demander davantage de précautions voire des actes réparateurs pour les transgressions commises. Ceci fera l’objet du prochain chapitre.

 

Sixième partie : Sanctionner l’âme pour ses manquements

 

Ici l’auteur développe la sixième étape. Ce chapitre concernera tout le monde, car aussi rigoureux que l’on puisse être, nous commettons tous des erreurs. Comme nous l’avons vu précédemment, nous avons exigé des comptes à notre âme. Nous sommes à présent face à une âme qui a failli à ses obligations et qui a commis des actes de désobéissance. L’Imam Al-Ghazali insiste sur le fait qu’il soit indispensable de sanctionner son âme dans ce cas figure. Il nous met en garde contre la négligence de l’application de ses sanctions qui reviendrait implicitement à encourager ces agissements et à les cumuler jusqu’à noircir notre coeur. Il nous faut sanctionner notre âme comme un parent sanctionnerait un enfant dans son éducation. L’auteur précise toutefois, que ces sanctions doivent respecter la législation islamique, en faisant référence à des sanctions que le serviteur n’est pas autorisé à appliquer si elles ne sont pas permises. Il illustre ses propos par quelques récits d’anciens, que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes. Dans ce chapitre, il nous appelle donc à la rigueur avec nous-mêmes quant aux sanctions des fautes commises par notre âme, qui est rappelons-le notre plus grand ennemi ! Il nous exhorte ainsi au dédommagement, au redressement de notre âme en la privant de ce qu’elle désire par exemple.

 

Septième partie : L’effort sur soi

 

Dans ce chapitre, nous sommes toujours dans le cas de figure où l’on constate que notre âme a transgressé, et a commis un acte de désobéissance ; L’objectif étant de purifier cette âme et de la rendre conforme à ce qu’Allah Ta’ala veut.

 

Comme nous l’avons indiqué plus haut, nous devons faire assumer à notre âme ses responsabilités. Mais, il ne s’agit en cela que de prendre soin de son âme et lui permettre réparation pour son propre salut pour le jour du jugement dernier. Ici l’auteur a choisi d’évoquer le cas de la nonchalance et de la paresse dans l’accomplissement de nos actes cultuels. Il nous offre ensuite quelques remèdes à ces maux et nous exhorte à la fréquentation de personnes sincères, assidues, rigoureuses dans leurs pratiques afin que l’on puisse se conformer à leurs exemples. Il nous invite également à la méditation des récits vantant les mérites de personnages qui pratiquaient le combat intérieur, afin de nous encourager dans leurs exemples et d’accroitre notre détermination.

 

Dans cette étape, il s’agit de repentir et de cessation immédiate de péchés. Il s’agit donc de faire souffrir son âme, de lui faire violence pour la purifier et pour sa réussite dans la vie dernière. N’oublions pas que cette réussite est subordonnée à nos efforts que nous faisons dans la vie d’ici bas ; Alors ne les négligeons pas !

 

Huitième partie : Critiquer et blâmer l’âme

 

On trouve ici une synthèse des précédentes parties. L’Imam nous met une nouvelle fois en garde contre notre âme, qui dans son essence, incite au mal et fuit le bien. Mais, elle est toutefois susceptible d’être purifiée. Il nous rappelle ainsi à l’ordre ; Notre rôle à nous étant en effet de la purifier et de la conduire à Allah Ta’ala en la redressant par la contrainte. Il ne manque pas de nous avertir à nouveau contre la négligence et l’abandon de notre âme un seul instant, ce qui la rendrait indisciplinée, récalcitrante et incontrôlable.

 

Al Ghazali nous exhorte alors à l’éduquer pour qu’elle devienne repentante, désireuse de corriger ses défauts et apaiser notre cœur. Cette éducation, comme nous l’explique l’auteur, passe par le blâme, la réprimande. Il faut par exemple régulièrement lui rappeler son ignorance, lui reprocher son orgueil lors d’une bonne conduit. La démarche consiste en fait, à faire mourir son égo.

 

Ce chapitre se termine par un merveilleux rappel à ancrer dans nos esprits : il souligne le fait qu’Allah Ta’ala n’a ni besoin de nos observances, ni de nos efforts ; Ces derniers sont uniquement un moyen pour notre propre salut. Si on adopte un bon comportement c’est à notre propre avantage, et inversement si l’on commet des transgressions ou des manquements, nous le faisons à nos dépens !

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Notre avis personnel :

Les – :

  • Je n’en vois pas

Les +++++++ :

  • Le prix
  • Tout public
  • La taille du livre
  • Lecture aisée
  • Lecture réflexive
  • La multitude d’illustrations des idées
  • Le style

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