Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident…..je ne sais pas ce que vous inspire ce titre, mais je vous avoue que moi la première fois que je l’ai entendu (c’était en 2009 je crois), j’assistais à un cours de Sira (donné par M. Autourdelislam ;)) et il a été brièvement fait mention de cet ouvrage.

 

Rien qu’à l’énoncé des mots qui composent son titre……Le Soleil+ d’Allah + Brille + sur l’Occident… j’ai été immédiatement interpellée, séduite carrément. C’est clinquant comme titre, non ? Surtout à l’heure où, à cette époque comme aujourd’hui d’ailleurs, il n’était pas bon d’être musulman. Nous assistions à des polémiques sur le voile, sur l’islam radical en France, et nous étions en plein débat sur l’identité nationale… Bref, une fois rentrée chez moi, j’ai fait une petite recherche sur un site de librairie en ligne, histoire de lire le résumé du livre. Et ça a conforté ma première impression, ça m’a parlé, comme on dit ! J’ai donc passé, aussitôt, commande.

L’ouvrage est découpé en sept parties (livres), ce qui en facilite grandement la lecture. Lecture faite, le contenu représente une riche introduction à l’étude de la civilisation arabo-musulmane, un vrai délice pour la culture générale. L’auteur nous dresse un magnifique exposé de la contribution et du rôle déterminant de cette civilisation arabo-musulmane à la civilisation occidentale, notamment à l’époque de l’Andalousie. C’était vraiment une véritable découverte de la richesse de cette culture arabo-musulmane, et de son influence sur l’Occident dans tous les domaines, aussi variés que les mathématiques, l’astronomie, la littérature, la poésie…. et bien d’autres domaines que nous étayerons plus tard !

 

Cet ouvrage, qui plus est, écrit par une occidentale, et de manière objective je trouve, apporte vraiment un regard nouveau sur l’histoire occidentale, européenne, sur notre histoire, sur leurs liens intrinsèques et leurs évolutions. Surtout à l’heure où nos moindres faits et gestes sont diabolisés, stigmatisés, il est bon de connaitre l’Histoire! Et ce livre est un véritable outil d’évaluation des apports de la civilisation arabo-musulmane aux occidentaux! Franchement, c’est un ouvrage que je recommande à tous. Il est très instructif, se lit très bien, et le style employé par l’auteur ne fait que rendre cette lecture encore plus agréable; C’est un ouvrage très vivant.

 

L’auteur :

Sigrid Hunke est née à Kiel en 1913 et décédée à Hambourg en 1999. D’origine allemande, cet écrivain a grandi dans une famille d’éditeurs et a étudié de nombreuses matières telles la théologie, la philosophie, la psychologie, l’histoire et la philologie. Personnalité engagée religieusement, elle était surtout connue pour ses ouvrages sur les religions, et publia, en 1960, l’ouvrage qui nous intéresse ici, Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident, ouvrage qui fut traduit en sept langues.

 

Le livre : Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident

L’auteur a su scrupuleusement rassembler de nombreux éléments qui attestent de l’influence qu’a exercée la civilisation arabo-musulmane sur l’Occident notamment au Moyen-âge, lors de ce qu’on appelle l’âge d’or de la Sicile et de l’Espagne, qui étaient musulmanes à cette époque.

Cet ouvrage est structuré en sept chapitres : sept livres, eux-mêmes subdivisés en sous chapitres.

 

Livre Premier : L’assaisonnement du quotidien

Ici, il est question des emprunts des européens à la civilisation arabo-musulmane, dans notre vie quotidienne. On y découvre par exemple, les apports linguistiques de l’arabe au français. Par le biais d’une mise en scène, l’auteur a très bien su mettre en valeur, en quelques phrases, un nombre important de termes de racine arabe, mais aussi d’objets d’origine arabe dont le vocable pour les désigner a changé. Je n’avais pas idée de l’importance  des mots d’origine arabe, que nous, comme les européens d’ailleurs, employons au quotidien.

 

Pour vous faire une petite idée, je vais vous citer un  petit extrait :

« Mais vous accepterez certainement une tarte aux abricots et aux bananes ! Mais bien sûr, cher ami, vous êtes aujourd’hui mon invité ! Puis-je vous offrir, pour commencer, un sorbet à l’orange ? Je crois que des artichauts feraient une entrée forte agréable. Et que penseriez-vous d’un chapon accompagné de riz et de barquettes aux épinards ? Pour le dessert je ne saurais trop vous recommander ce gâteau à la sauce d’arak. Et pour clore le repas, un moka… Mais, je vous en prie, installez-vous sur le divan….. Savez-vous que nous désignons encore sous son nom arabe de laque, le vernis dont nous couvrons nos ongles, que l’aniline, la gaze, le talc et la ouate sont autant de noms arabes?».

 

Dans ce chapitre, en abordant la question des emprunts linguistiques, l’auteur fait également un joli clin d’œil à l’Histoire. Elle nous fait par exemple un rappel sur les échanges commerciaux, les grandes routes commerciales. On peut également y découvrir que le mot «Al- barqûq, abricot »  a traversé de nombreuses civilisations ; Il a gardé en espagnol son article arabe, et a été emprunté par les arabes au latin, qui l’a lui-même pris au grec qui l’a laissé en Syrie.

 

Livre II : La numération écrite universelle

Dans ce chapitre, l’auteur nous parle particulièrement des mathématiques, de l’histoire des chiffres. On y découvre que les arabes ont emprunté aux indiens leur système de numération et d’écriture de position des nombres. Les arabes désignèrent ainsi le chiffre 0 « ssifr » qui remplacera le point qui était utilisé pour écrire des nombres à plusieurs chiffres. Puis  ce 0 « ssifr »  traversa les frontières et devint ensuite  le « zéro » en Français. L’auteur nous apprend également que dans l’histoire des mathématiques, bon nombre d’inventions sont d’origines arabes ; Le savant Al-Khovaresmi par exemple est à l’origine du terme « algorithme ». On en découvre bien d’autres dans ce chapitre.

 

Livre III : Le ciel au dessus de nos têtes

C’est à travers le personnage de Moussa, astronome, géomètre et ami du calife de Bagdad Al-Mamoun, et plus particulièrement ses trois fils : l’un mécanicien, l’autre astronome et le troisième mathématicien, que l’auteur nous plonge dans le domaine de l’astronomie et du rôle déterminant des arabes. Dans ce chapitre, l’auteur nous rappelle également la grande signification religieuse de l’astronomie, notamment en terme de preuve de l’Unicité d’Allah, de Sa Grandeur, Sa Puissance, Sa sagesse, Sa perfection. Soulignant également le fait qu’Allah a Lui-même incité l’homme à observer le ciel.

 

A des fins plus pratiques, les savants musulmans se sont inspirés de l’astronomie persane, l’ont étudiée et l’ont améliorée,  pour  permettre par exemple, de calculer le début et la fin du ramadan d’après la révolution de la lune, déterminer les temps de prière ; C’est d’ailleurs aux arabes que l’on doit l’invention de nouvelles techniques tel que l’astrolabe puis les cadrans solaires… . En plus de ces diverses inventions, on apprend que des savants arabes, avant même la théorie de Copernic, avait déjà affirmé l’hypothèse de la rotation de la Terre autour du soleil.

 

Livre IV : Les mains qui guérissent

Alors que les occidentaux prônaient la force de la foi, l’exorcisme comme seuls mode de guérison (ne faisant donc pas de la recherche en médecine leur priorité), nous découvrons dans ce chapitre, que les arabes sont les instigateurs de la recherche médicale.  L’auteur nous dresse un magnifique tableau de plusieurs grands médecins arabes pionniers et personnages clés de l’histoire de la médecine ainsi que leurs travaux ; Comme Ar-Rasi, Ibn al-Nafis, Aboul-Qasim, et Ibn Sina plus connu sous le nom d’Avicenne. Elle passe en revue les différents apports de la civilisation arabo-musulmane à la médecine : en passant de l’organisation, de la réglementation des hôpitaux et de la profession, au listing des symptomatologies et pathologies associées, ainsi que de nombreuses découvertes dans des domaines aussi variés que la pharmacologie, l’ophtalmologie, la psychiatrie…..

 

Livre V : Les glaives de l’esprit

Ici, il est question de l’engouement des musulmans pour la lecture. Cette ardeur qui touchait toutes les catégories sociales n’était animée que par une seule chose l’Islam, la foi. Tout musulman avait cette soif d’apprendre, de savoir écrire, savoir lire.

 

Contrairement aux occidentaux, où la lecture du livre saint  était réservée aux membres du clergé, et même interdite aux laïques, « Tout musulman doit pouvoir lire et réciter le Coran en arabe ». C’est ce qui ouvra la porte aux premières écoles publiques, à l’instruction à domicile par le biais de précepteurs,  à de nombreuses bibliothèques, et encore à  de nombreuses traductions et conservations de livres grecs anciens.

 

Livre VI : Trait d’Union entre l’Orient et l’Occident

Ici nous sommes à l’époque de la reconquête normande de la Sicile qui était jusqu’alors, et ce depuis plus de deux siècles sous la domination musulmane. Dans ce chapitre, il n’est pas question de conflits, bien au contraire, mais de cohabitation avec la communauté musulmane ; Les musulmans ont gardé des liens avec les représentants d’organisations chrétiennes malgré les hostilités, ils étaient tolérants envers eux même s’ils ne partageaient pas leur croyance. Et on voit même, que contrairement à ce  que voudrait l’Histoire, que les vainqueurs chrétiens ont pris pour modèle le mode de vie des musulmans, les vaincus.

 

Ce chapitre met, par exemple, en valeur l’inventivité artistique des musulmans, ou encore, leurs méthodes d’administration et leur législation qui ont été empruntées par les occidentaux. A travers la reconquête normande, l’auteur nous offre ici un autre regard sur le passé concernant les rapports entre l’Europe occidentale et la civilisation arabo-musulmane ; Qui ne se résume pas, comme on a pu si souvent l’entendre ou apprendre, à une succession de conflits et de guerres. Sigrid Hunke souligne plutôt les influences mutuelles, dans des domaines comme l’art,  la littérature, la poésie par exemple.

 

Livre VII : Arabesques Andalouses

L’auteur commence ce chapitre en relevant l’art qu’avaient les arabes pour exprimer leurs émotions en poésie, évoquant l’art d’aimer des arabes par exemple. Ensuite, elle aborde l’influence fondamentale de la civilisation arabo-musulmane sur l’Espagne, à travers l’histoire de l’Andalousie. Elle cite par exemple les vestiges architecturaux des Pyrénées espagnoles, la très connue mosquée de Cordoue. Puis s’en suit de larges et belles descriptions et explications des arts arabo-musulmans qui ont largement orné l’Andalousie, tels que la calligraphie, l’arabesque, l’ornementation géographique, la poésie lyrique.

 

Sigrid Hunke termine ce chapitre et son ouvrage par la fin de la reconquête Espagnole, qui a principalement rimé avec la destruction des trésors scientifiques et littéraires arabes sacrifiés pour une seule raison : la haine !

 

La lecture de cet ouvrage fait émerger l’influence et  la large contribution de la civilisation arabo-musulmane dans toutes ces disciplines, aussi diverses soient-elles, à l’Occident. Et s’il y a bien une leçon à en tirer, c’est de faire preuve de curiosité, d’observer, de regarder, d’analyser, d’étudier et de faire appel à notre créativité.

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Notre avis personnel :

Les – :

  • La taille de la police d’écriture, je la trouve bien petite.

 

Les +++++ :

  • Tout public
  •  Bien structuré, facile à lire
  • Lecture vraiment très vivante
  • Très riche du point de vue de la culture générale
  • Le prix

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