Je démarre tout naturellement ce blog (consacré à la lecture) par un livre un peu particulier. Un livre pour apprendre à lire.

Cela peut vous paraître un «non-sens» car vous vous dites que, si vous arrivez à lire ce livre c’est que vous savez déjà lire. Certes, mais il y a lire et lire.

Depuis longtemps déjà, j’avais remarqué, et je suis sûr que cela vous est également arrivé, que lorsque je lisais un texte en même temps qu’un ami ou qu’un camarade de classe, rares étaient les fois où l’on finissait de lire en même temps. Tout le monde ne lit pas à la même vitesse.

Au début je pensais (j’en étais même persuadé) que ceux qui lisent vite perdent de l’information, et qu’ils se retrouveraient en difficulté s’ils devaient restituer le contenu de ce qu’ils venaient de lire. Il n’en est rien, certaines personnes lisent très vite et retiennent aussi bien (si ce n’est mieux) que les lecteurs lents.

A partir de ces constats, je me suis intéressé à ce que l’on appelle «la lecture rapide», une méthode qui vise à améliorer notre vitesse de lecture, et bien entendu, sans en altérer la compréhension.

Je vous présente ainsi, le livre de François Richaudeau (c’est la référence francophone dans le domaine) : Méthode de Lecture rapide : vitesse de lecture ; compréhension ; stratégies.

L’auteur :

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur Arts et Métiers et d’un doctorat d’État de l’Université, François Richaudeau crée le Centre d’Études et de Promotion de la Lecture et son laboratoire qui étudie les comportements de lecteurs en fonction des typographies utilisées, des mots, des phrases et des styles de textes de natures variées. Il a créé la collection des Encyclopédies du savoir moderne dont les structures multifonctionnelles préfigurent celles des hypertextes informatiques. Il fonde en 1970 la revue Psychologie très orientée vers la psychologie clinique et expérimentale.

Le livre : Méthode de lecture rapide

L’ouvrage se présente en 2 grandes parties :

Première partie : du chapitre 1 au chapitre 13 : c’est le coeur même du livre, 200 pages de cours et d’exercices d’application.

Deuxième partie : le chapitre 14 qui consacre environ 120 pages aux séances d’entrainement, car il faut le dire, ce livre est beaucoup basé sur la pratique.

Voyons un peu ce que nous proposent les 13 premiers chapitres :

Chap 1 : Comment tirer le meilleur profit de cet ouvrage

Nous y apprenons comment régler l’éclairage de la pièce de lecture, l’importance de notre physique au moment de lire (l’auteur nous invite même à quelques exercices de relaxation pour détendre nos muscles avant une séance de lecture). Il nous invite enfin, à prendre soin de nos yeux (c’est un peu normal vous me direz, l’oeil est un organe très actif dans le processus de lecture) avec quelques conseils pour éviter la fatigue oculaire et comment y remédier.

 

Chap 2 : Quel lecteur êtes-vous ?

Dans ce chapitre, il y a deux tests qui vous permettront de situer votre niveau de lecture actuel, sur les plans de la vitesse et de la compréhension. Ainsi vous pourrez mesurer votre progression au fur et à mesure que vous avancerez dans votre apprentissage via cette méthode.

Vous pouvez passer ce genre de tests sur internet, il y a énormément de sites qui en proposent, comme ici par exemple.

Chap 3 : Du rouleau de payrus à l’écran sur Internet

Dans ce chapitre, l’auteur revient sur les différents types de lecture que l’on peut rencontrer, et donc de lecteurs. Lire un texte sur du papier ou sur un écran d’ordinateur n’est pas la même chose, car nous ne mobilisons pas les mêmes mécanismes. Il finit par donner deux exemples de lecteurs prodiges : Balzac qui avec son oeil « embrassait sept à huit lignes d’un coup et son esprit en appréciait le sens avec une vélocité pareille à celle de son regard, souvent même un mot dans la phrase suffisait pour lui en faire saisir tout le suc … » et Jacques Bergier qui, bien que myope et astigmate, lisait « 25 fois plus vite qu’un lecteur moyen ».

Chap 4 : Premier cours : L’habileté perceptive

Dans ce chapitre nous apprenons à mieux percevoir ce que nous lisons, au lieu de porter son regard sur les lettres qui composent un mot, ce qui revient à lire les syllabes qui le forment, avec une série d’exercices nous apprenons à diriger notre regard sur le mot en entier. Première mauvaise habitude à abandonner est celle qui consiste à lire en syllabant. Ex :

Au  jour  d’hui  je  vous  pré  sente  ce  livre  sur  la  lec  ture  ra  pide (notre oeil fait ici 15 fixations).

Aujourd’hui  je  vous  présente  ce  livre  sur  la  lecture  rapide (ici seulement 10, un gain de 33%).

Chap 5 : Deuxième cours : Fixations et subvocalisation

Ici il est question d’accroître son éventail de vision, au lieu de lire mot à mot, l’on devra arriver à lire par saccades, reprenons l’exemple d’avant, si je lis cette phrase par groupes de mots je pourrais lire de cette manière :

Aujourd’hui  je vous présente  ce livre  sur la lecture rapide (ici l’oeil fait 4 fixations au lieu de 15 si je lis en syllabant et au lieu de 10 si je fais du mot à mot).

Quant à la subvocalisation, c’est ce phénomène qui consiste à « vocaliser» ce que l’on lit même lorsqu’on dit lire dans sa tête. En fait, la subvocalisation est un frein à votre vitesse de lecture, et ce, pour une raison simple : l’oeil est plus rapide que l’oreille. Votre oeil perçoit le mot avant que votre oreille n’ait eu le temps de l’entendre, du coup, si l’on doit à chaque fixation attendre que notre oreille perçoive l’objet de la lecture, on oblige ainsi l’oeil à attendre, donc à perdre du temps. Vous verrez c’est simple, avec les exercices proposés ça ira.

Chap 6 : Troisième cours : Percevoir plus de mots et sans régresser

Comme vu précédemment, un des éléments qui permettent de gagner en rapidité de lecture est la largesse de son éventail de vision. Il serait dommage de perdre le temps gagné dans la régression.

La régression, est toutes les fois où notre oeil revient en arrière pour vérifier un mot, une phrase ou un nom, car non seulement cela prend du temps à revenir en arrière, mais on en perd également à retrouver l’emplacement où l’on était juste avant.

L’auteur le reconnaît lui même «L’impulsion à régresser est causée par les motifs les plus variés. Certains sont valables, on ne peut pas toujours les éviter. D’autres le sont beaucoup moins, et la lutte contre eux doit être sévère ». Pour lui il y a trois grands motifs :

  1. Difficulté du texte
  2. Les confusions de mots comme la phrase suivante « Au-delà du virage, le mirage rétrécit ses pupilles et ses papilles frémirent »
  3. La mauvaise habitude, qui consiste en une prudence excessive à toujours vouloir revenir en arrière pour s’assurer que tout est bon :).

Le gros avantage de ce chapitre, c’est qu’il est composé quasi exclusivement d’exercices.

Chap 7 : Quatrième cours : Le sens et l’anticipation

 

C’est un peu l’idée de ce chapitre, lorsque nous lisons, notre cerveau anticipe les mots qu’il connait rien qu’en voyant une partie de leur forme, mais si vous avez réussi à lire et à comprendre la phrase ci-dessus, c’est aussi grâce à vos facultés mentales qui vous ont permis de saisir le sens de ces mots. L’auteur dit à ce titre : «c’est parce qu’un mot écrêté est placé à l’intérieur d’un groupe significatif de mots, parce qu’il devait être à la place où il est, que vous l’avez presque deviné ; son profil incomplet et même ambigu vous ayant seulement servi à contrôler, à authentifier votre pré-vision.». Trois exercices viennent nous aider à travailler notre faculté d’anticipation.

Chap 8 : Cinquième cours : De la lecture flexible à la lecture sélective

La lecture de base dont nous faisons le plus souvent usage est ce que l’on appelle la lecture intégrale, lire (passer ses yeux sur) tous les mots de la ligne.

A présent, et à partir de ce chapitre, l’auteur nous invite à acquérir et à améliorer une nouvelle tactique : la lecture sélective « elle nous permettra de prendre un peu de distance par rapport aux mots, de façon à saisir l’ensemble de la pensée de l’auteur, avant d’en étudier les détails. ».

Bien sûr il est indispensable de garder à l’esprit que la lecture sélective n’est pas appropriée à toutes sortes de textes, si vous cherchez par exemple un dentiste dans les pages jaunes, il y a de fortes chances que vos yeux ne s’arrêtent que sur les dentistes de votre commune. Je pense que tout le monde en a fait, un jour, l’expérience, lorsque nous cherchons quelque chose de précis nous sommes très rapide dans notre lecture. C’est l’idée de ce chapitre.

Chap 9 : Sixième cours : La lecture d’écrémage

Le principe est simple : réduire nombre mots lus sans compréhension générale texte souffre.

Vous avez réussi à comprendre cette phrase ? c’est que la technique de l’écrémage marche ;).

Bien sûr la vraie phrase est : réduire le nombre de mots lus sans que la compréhension générale du texte en souffre. Voyez comment en faisant l’économie de 6 mots, le sens de la phrase n’en a pas été moins saisissable. Une multitude d’exemples et d’exercices viennent nous aider à y parvenir.

Chap 10 : Septième cours : La lecture de repérage

C’est l’idée de l’exemple précédent des pages jaunes, ce principe est repris dans ce chapitre avec cette fois des exercices d’application.

Chap 11 : Huitième cours : Lire dans sa profession

Ici l’auteur nous explique, comment appliquer tous les principes vus jusqu’ici (des principes généraux permettant une lecture rapide et efficace) à des situations particulières : celle des documents professionnels (documents juridiques et administratifs, lettres d’affaires, prospectus commerciaux, rapports techniques, ouvrages spécialisés etc.).

Dans chacun de ces cas, on apprend à comment aller à l’essentiel pour augmenter notre rapidité de lecture.

Chap 12 : Neuvième cours : Faites un plan de lecture

A l’instar du chapitre précédent, nous verrons ici l’application des techniques de lecture rapide dans des situations de la vie de tous les jours (journaux, revues, ouvrages d’information etc.)

L’auteur nous livre ses conseils pour nous organiser avec un plan de lecture dont il donne un exemple concret en page 191.

Chap 13 : Conclusion

Chap 14 : les 120 pages consacrées à l’entrainement

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Notre avis personnel :

Les – – –

  • Pas sûr qu’un très bon lecteur puisse améliorer ses performances grâce à ce livre (d’où l’intérêt de mesurer sa rapidité de lecture comme à cette adresse http://www.readingsoft.com/fr/test.html).
  • Peut-être un peu le prix, mais pour un livre de référence, ce n’est pas du tout cher.
  • Nécessite pas mal d’entraînement, prévoir une à deux séances par semaine, l’idée est de progresser sans surmener nos yeux.

Les +++++

  • Convient parfaitement aux débutants.
  • Il nous fait prendre conscience de toutes nos « mauvaises habitudes » de lecteur.
  • Je ne serai pas entrain d’exagérer, si je vous disais que plus des trois quarts (75%) du livre sont consacrés aux exercices et à la pratique, ce qui est une excellente chose.
  • Les explications sont vraiment simples à comprendre.
  • Parmi les différentes techniques proposées, on peut facilement axer son entrainement sur celle(s) avec la(les)quelle(s) on est le plus à l’aise.
  • Peut considérablement améliorer les performances d’un lecteur lent ou moyen.

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