Le livre que je vous présente aujourd’hui, est le genre de livres que vous lisez une fois pour vous familiariser avec son contenu, mais vers lequel vous revenez régulièrement, toutes les fois où vous en éprouvez le besoin.

Ce livre m’a été offert en 2005 (merci Nadia si tu passes par là), et je peux dire qu’il était bien tombé. Nadia m’avait dit : « comme tu t’es mis à parler publiquement et à faire des conférences, ce livre te sera certainement d’une bonne utilité », et elle avait vu juste.

L’auteur :

Jean-Claude Martin, président fondateur de PERSONNALITÉ S.A.,  il forme les dirigeants des entreprises aux techniques de communication. Chargé d’Enseignement à HEC Entrepreneur et chargé de cours à l’université de Provence, il allie dans ce livre son expérience pratique d’ancien comédien à la rigueur scientifique du chercheur.

Le livre : Le guide de la communication

Il s’agit d’un vrai manuel qui balaye l’essentiel de ce que l’on devrait savoir sur la communication, mais aussi des exercices et des mises en pratique qui inscrivent les concepts abordés dans une optique de concret.

L’ouvrage se présente en 7 parties.

Première partie : Nous communiquons … le veuille ou non !

Dans cette partie l’auteur nous invite à relever la chose évidente, mais ô combien fondamentale, suivante :  dès qu’il y a interaction, il y a communication.

Il revient notamment sur les fondamentaux, ces différents facteurs qui interviennent dans la communication :

  • Le mode de transmission : informationnel (le contenu) Vs relationnel (connotatif). Deux situations de communication peuvent être différentes, pourtant contenant les mêmes informations.
  • La communication non verbale : la gestuelle, le regard, la posture etc. Dans une expérience (Mehrabian, 1971), il a été montré que seuls 7% de notre contenu verbal, nous rendent sympathiques aux yeux de nos interlocuteurs, le reste étant porté sur l’aspect vocal (la nature, l’intensité et le volume de la voix) et surtout sur nos expressions faciales.

L’idée à retenir ici, est que la communication est un processus interactif et continu et qu’il faut soigner le fond et surtout la forme de sa communication.

Deuxième partie : les communications non verbales

Ici l’auteur décortique chacun des aspects de la communication non verbale en nous apprenant comment les décrypter, et donc, à nous en servir dans notre communication. Il y aborde notamment :

Les territoires et les zones d’interaction : en pleine heure de pointe, une personne qui est presque (voire complètement) collée à vous dans le métro, vous trouverez ça normal, maintenant imaginez qu’une personne vienne vous coller comme ça dans la rue, vous vous sentirez agressée. L’impact du contexte est crucial.

  • Les postures : 4 postures = 4 attitudes. En Contraction = attitude soumise ; En Extension = attitude dominante ; En Approche = attitude participative ; En Rejet = attitude de refus.
  • Le jeu des paumes : il paraît que les méditerranéens gesticulent beaucoup, pour ma part je confirme en tout cas :). L’auteur passe assez rapidement dessus en relevant, toutefois, certaines postures manuelles.
  • Le visage : je crois que c’est le plus important des éléments de la communication non verbale, le visage est la manifestation extérieure de nos affects. Pour résumer ce passage, disons que le regard facilite la communication en situation ambiguë, l’expression du visage oriente le discours et le sourire appelle au partage.

L’auteur conclut cette partie par une revue de différents gestes qui accompagnent notre communication (enfin si vous gesticulez comme moi ;)).

Troisième partie : le jeu de dire. Être entendu, écouté et compris

C’est une partie plutôt concrète. Elle revient sur les différents éléments à travailler pour développer un savoir-dire efficace.

  • Être entendu :  il s’agit ici de parvenir jusqu’à l’autre, s’assurer que la personne en face a accédé « physiquement » au contenu de notre discours, pour cela il faut travailler son système vocal (le timbre, l’intensité et la fréquence de la voix) et son articulation
  • Être écouté : tout le monde connait cette phrase « tu m’entends mais tu m’écoutes pas » :), et bien c’est de ça dont il est question ici, s’assurer que notre interlocuteur maintient son attention à l’égard de notre discours, pour cela il faut faire jouer la ponctuation, les silences, le débit, la scansion (le fait d’appuyer sur un mot de la phrase), l’enjambement (le fait de supprimer les points de fin de phrase en les passant) etc.
  • Être compris : ici l’idée est de faciliter la perception à notre interlocuteur. Pour cela on fera jouer le vocabulaire, la répétition, les contrastes

Toute une série d’explications concrètes, ainsi que des exercices d’application, de chacun de ces outils viennent donner à cette troisième partie un caractère de guide pratique.

Les quatre parties restantes sont des applications, des concepts vus précédemment, à quatre situations particulières de la vie de tous les jours.

Quatrième partie : L’entretien

Professionnel, scolaire, familial, amoureux etc, sont des exemples de la multitude d’entretiens que nous sommes amenés à passer dans notre quotidien, parfois ils sont formels et parfois informels. Quoi qu’il en soit, la réussite d’un entretien nous ouvre une grande porte d’opportunités qu’il serait dommage de rater. Excellent chapitre du livre.

Cinquième partie : Le face public

Cette partie est surtout destinée à celles et ceux, parmi nous, sont amenés à s’exprimer publiquement, enseignants, formateurs, responsables associatifs, responsables politiques, militants,etc. (autant dire beaucoup de monde). Réussir sa communication face à un public qui n’est là (en principe :)) que pour vous écouter est une tâche qui fait peur à beaucoup de personnes, il n’en est rien, c’est une question d’exercices et d’entraînement. Ce à quoi nous aide cette partie du livre.

Sixième partie : Les réunions

On parle ici des réunions où l’on « réunit » les gens pour qu’ils prennent des décisions communes, pour qu’ils posent des questions, pour leur poser des questions, pour qu’ils se posent des questions ou pour qu’ils entendent ensemble, au même moment, un même message. Si vous êtes comme moi, vous savez à quel point il est important de bien préparer, de bien conduire et de bien conclure une réunion, sinon, l’objectif même pour lequel elle a été programmée, risque de ne pas être atteint. Cette partie du livre est ma préférée.

Septième partie : Le débat, coopératif ou compétitif ?

J’aime bien cette partie où l’auteur nous dresse le portrait des personnes que vous risquez de rencontrer dans le public, et il donne des conseils pour mieux gérer ces personnes là. Il cite :

  • Le savant : celui qui cherche à vous piéger pour montrer à la salle qu’il sait au moins autant que vous etc.
  • Le retors : celui qui vous cherche la petite bête en essayant de vous prendre en flagrant délit de contradiction etc.
  • L’agressif : réagit souvent sur des sentiments et non des faits, ne pose généralement pas de question mais émet une opinion contraire à la vôtre etc.
  • Le malentendant 🙂 : il pose la question à laquelle vous venez de répondre, il est distrait, a peut être tout compris de travers etc.
  • Le collaborateur : il redit la même chose que vous, montre qu’il a compris et vient même étayer vos propos etc.
  • Le rigolo : il commente en live vos propos à haute voix, fait rire la salle, déforme vos arguments etc.
  • Le timide : il bafouille quand il pose une question, a des fuites de regard, rougit etc.
  • Le têtu : il a son idée fixe, plein de préjugés, il parle parfois seul etc;
  • Le bavard : a toujours son mot à dire, saute du coq à l’âne, un vrai moulin à paroles 🙂 etc.
  • Le dormeur : il dort parce que le sujet ne l’intéresse pas, parce qu’il n’a pas dormi de la nuit ou même parce que vous l’endormez.
  • L’orgueilleux : fait jouer son ancienneté, regarde les autres de haut, il en a vu d’autres 🙂 etc.
  • Le sage : sérieux, bon élève, participe doucement, écoute tout le monde etc.

L’auteur conclut son ouvrage en nous parlant de l’importance de la « conclusion ». Comment conclure efficacement une réunion, un séminaire, un débat etc.

Il nous invite finalement à retenir la chose suivante : O. S. E. R. = COMMUNIQUER

O ———-> Ouverture

S ———-> Silence

E ———-> Écoute

R ———-> Regard

Quant à moi, je vous remercie d’avoir lu cette chronique et vous dis à très bientôt.

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Notre avis personnel :

Les – :

  • Honnêtement, je lui trouve un seul inconvénient, c’est qu’il n’est pas assez approfondi pour un public de spécialistes, mais tel, n’est pas l’objet du livre.

Les +++++ :

  • Alors franchement, pour moi un premier avantage c’est le prix, pour un livre de ce volume là, de cette catégorie là, c’est vraiment donné.
  • Les concepts sont très bien expliqués, parfois même illustrés, des applications concrètes et des exercices pour s’entraîner en font vraiment, comme le titre du livre l’indique, un bon guide pour les débutants.
  • Chaque chapitre est conclu par une liste de références bibliographiques (ce qui atténue l’effet du seul point négatif ci-dessus)
  • On le lit, mais on peut y revenir ponctuellement.
  • Très facile à lire, je l’avais lu la première fois en 4-5 heures

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