Si vous avez lu mon article « Mes 5 remèdes pour passer l’hiver sans médicaments » vous comprendrez que je ne suis pas vraiment fan (pas du tout même) de médicaments et autres substances issues de l’industrie pharmaceutique.

Vous comprendrez alors que lorsque mes yeux sont tombés sur notre livre du jour, « Échapper aux maladies grâce aux hormones du bonheur« , cela ne pouvait pas me laisser indifférent 😉

 

Sans la remettre entièrement en cause ni appeler à son abandon, l’auteur évoque les limites de la médecine occidentale en ces propos : « De nouveaux médicaments et thérapies sont certes développés dans le courant du progrès médical, mais cela a conduit, en définitive, à ce que les conséquences nuisibles et les effets secondaires deviennent un grand problème« .

Il vaut mieux prévenir que guérir nous dit l’adage, c’est bien connu, et si notre corps possédait en lui même ses propres remèdes ? C’est en tout cas l’idée que défend le Dr Haruyama dans ce livre.

 

L’occident, la France en particulier, a beaucoup de mal avec ce qui vient d’ailleurs, pensant détenir les secrets des sciences, toute approche différente serait alors « contraire à la science » (la leur bien entendu). S’il y a bien un domaine où ce constat est le plus visible, c’est bien la médecine. Comme si les humains ont attendu l’Europe pour savoir se soigner, comme si les grandes civilisations de l’Humanité n’avaient pas leurs propres médecines. Des médecines qui ont « fait leurs preuves« .

 

En France par exemple, un kinésithérapeute est préféré à un ostéopathe, un psychiatre est préféré à un psychologue, une gynécologue/obstétricienne est préférée à une sage femme etc. pour la simple raison que les premiers sont issus de formations médicales « prestigieuses ». La gynécologue et le psychiatre sont des « médecins » alors que la sage femme et le psychologue ne sont « que » des bac+5, le kiné lui, il est formé sous la tutelle de l’Etat alors que l’ostéo lui, il est formé dans des structures privées.

 

Originaire du Maroc, vous vous doutez bien que dans mon pays d’origine (comme dans beaucoup d’autres pays à travers le monde) nous côtoyons de près les « remèdes » alternatifs :). Deux aspects de la médecine traditionnelle y sont largement répandus : la phytothérapie (la thérapie par les plantes) et l’ostéopathie. Laissez-moi vous raconter l’anecdote suivante.

 

En 2011, je me suis coincé le dos 2/3 jours avant le jour de 3arafa, je n’arrivais ni à marcher ni à m’asseoir, la seule position qui me soulageait était de rester allongé. Un vieux retraité des mines de Forbach (originaire de la région de Tinghir, au Sud-Est du Maroc) avec qui je partageais ma chambre d’hôtel m’a dit :

 

Le papa : où est-ce que tu sens que ça te fait le plus mal, milieu du dos, côté droit ou côté gauche ?

Moi : côté droit

Le papa : donne moi ta main gauche

Moi : je m’exécute 🙂

Le papa faisait des mouvements circulaires dans le sens horaire tout en exerçant une forte pression dans le creux qui sépare le pouce de l’index puis me dit :

Le papa : tu as un muscle fortement contracté, al hamdoulillah ce n’est ni un problème de nerfs ni un problème osseux, juste reste allongé et avec un peu de massage chauffant ça ira inchaAllah pour le Hajj.

Moi : comment as-tu su que c’est un problème musculaire et non nerveux ou osseux ?

Le papa : pas osseux car tu n’as mal ni au milieu du dos ni sur le côté gauche, si le problème était osseux (fracture ou traumatisme) la douleur se serait propagée aux alentours. Pas nerveux, car si tu avais un problème au niveau des nerfs, un léger caillot de sang se serait formé entre le pouce et l’index du côté opposé à celui de la douleur, lorsque je faisais des mouvements circulaires j’étais justement à la recherche d’un éventuel caillot de sang pour le dilater. Voyant que je ne le trouvais pas, j’ai exercé de fortes pressions dans cette zone car des fois le caillot est trop minuscule pour être détecté au toucher, avec les fortes pressions tu aurais crié de douleur comme jamais tu n’as crié dans ta vie ;), puisque tu n’as pas crié c’est qu’il n’y avait pas de caillot de sang, donc ce n’est pas lié aux nerfs.

 

Dans quelle faculté de médecine a-t-il été formé ? sous l’autorité de quels grands professeurs ? Et bien ce fut dans un village nommé Aït-Baha sous l’autorité de ses parents qui ne savaient ni lire ni écrire, lui non plus d’ailleurs, lorsqu’il voulait passer un coup de téléphone, il nous demandait de chercher pour lui le n° de son fils dans le répertoire.

 

Tout ça pour dire quoi ? Pour dire que la médecine occidentale n’a pas le monopole de la guérison, loin de là même. Aujourd’hui, et à travers cette chronique, nous ne nous intéresserons pas à la phytothérapie ni à l’ostéopathie mais à quelque chose de différent, quelque chose qui empêche même la maladie de s’installer et qui aide à la guérison lorsque le corps est déjà atteint : les hormones du bonheur.

 

Le livre est sorti au Japon au milieu des années 1990, une traduction allemande vit le jour en 2007. La version française (qui est une traduction de la version allemande), quant à elle, est sortie en mai 2012, mieux vaut tard que jamais comme on dit 🙂

 

L’auteur :

Shigeo Haruyama, né en 1940 à Kyoto, a grandi dans une famille de médecins japonais traditionnels. Dès sa jeunesse, il était déjà familier de l’acupuncture, des moxas et du shiatsu. Après ses études de médecine, il a pratiqué comme chirurgien. Depuis 1987, il dirige sa propre clinique (avec maison d’accueil pour personnes âgées) et s’engage en faveur d’une synthèse des médecines orientale et occidentale, en particulier dans l’optique des stratégies de prévention en matière de santé.

Ce qui rend son approche « crédible » c’est sa double casquette de médecin formé aux deux médecines : traditionnelle japonaise et occidentale.

 

Le livre : Échapper aux maladies grâce aux hormones du bonheur : Le programme du Dr Haruyama

 

Introduction : Le traitement médical à la croisée de la médecine orientale et de la médecine occidentale

 

Dans cette partie l’auteur nous rappelle quelques concepts clés en préambule du livre. Il précise notamment qu’il n’est nullement question de choisir une médecine au détriment de l’autre mais plutôt mettre l’une au service de l’autre, chacune apporte, à travers ses outils, ce qui manque à l’autre. Il ne manque pas de nous rappeler que

[je cite] : « Empêcher la maladie est la vraie médecine« .

Et c’est là que les hormones du bonheur ont toute leur importance.

 

Chapitre 1 : Les preuves médicales de l’efficacité de la pensée positive

 

C’est la partie la plus « scientifique » du livre. Il y sera question d’un peu de biologie, de biochimie et de neurologie 🙂

 

Une bonne proportion est consacrée à la mise en lumière des effets positifs des hormones du bonheur sur le renforcement immunitaire (principalement l’endorphine) au même titre que des sécrétions hormonales toxiques peuvent l’affaiblir (l’adrénaline et la noradrénaline). L’auteur fait le lien entre les maladies actuelles à travers le monde et notre mode de vie (stress, pression, pensées négatives etc.).

 

J’ai trouvé dans cette partie un passage particulièrement intéressant. Celui du lien entre la théorie des besoins de Maslow et la sécrétion des hormones du bonheur (à partir de la page 48). L’auteur défend l’idée selon laquelle « plus l’étage est élevé, plus fortes sont les sensations de bonheur ». Lorsqu’il parle d’étage, il est bien entendu question des étages de la pyramide de Maslow.

 

En résumé de ce chapitre :

  • Ce que nous pensons ne constitue pas des concepts purement abstraits. Nos pensées se matérialisent et se répercutent physiquement.
  • Ce qui nous influence, ce ne sont pas les évènements extérieurs en eux-mêmes, mais notre réaction : la manière dont nous les acceptons, dont nous les voyons, dont nous les jugeons.
  • Il est difficile de commencer immédiatement avec la pensée positive. C’est pourquoi on devrait procéder en deux étapes : d’abord accepter l’évènement comme un fait, puis en saisir le sens dans une attitude positive. Cela rend plus facile de penser positivement.

 

Vous l’aurez remarqué, il s’agit là d’une dimension hautement spirituelle. Cela me rappelle même la parole de notre cher prophète (paix sur lui) lorsqu’il dit :

L’affaire du croyant est étonnante, tout ce qui lui arrive lui est favorable. S’il lui arrive une chose qui le réjouit et qu’il remercie, c’est un bien pour lui ; Et s’il lui arrive un mal et qu’il patiente, c’est un bien pour lui. Et ceci n’est valable que pour le croyant

 

Chapitre 2 : Qui fortifie ses muscles ne tombe pas malade

 

Seront développés ici plusieurs thématiques liées à l’entretien du corps sur le plan purement physique. Notre rapport au sport, au cholestérol, à la musculation … avec des indications un peu plus concrètes que le 1er chapitre. L’auteur y appelle notamment au stretching qu’il conseille particulièrement aux plus de 35 ans (je ne suis pas encore concerné :)). Le stretching est un joli nom anglais qui veut simplement dire « étirement ». Et devinez quoi ? Au Maroc, je ne compte pas le nombre de personnes âgées que j’ai vues s’étirer 10-15 minutes tous les matins (même des septuagénaires et plus). Huit exercices de stretching sont proposés avec quelques conseils pour bien les réussir.

 

Ce qu’il faut retenir de ce chapitre :

  • La plupart des maladies de civilisation ont à voir avec la graisse. Quand le stress et la graisse coïncident, le risque de maladie augmente.
  • Quand la masse musculaire est suffisamment présente, il n’y a pas d’empoisonnement par la graisse.
  • En étirant, dans le stretching, des muscles que l’on n’utilise pas habituellement, on stimule ces muscles et on favorise la croissance musculaire. Simultanément, le cerveau est aussi activé, et il est incité à sécréter des hormones du bonheur.

 

Chapitre 3 : Un mode d’alimentation qui garde notre cerveau jeune

 

C’est le chapitre qui m’a le moins emballé. Etant donné japonais, l’auteur prône naturellement une alimentation « japonaise », il faut dire que son ouvrage s’adressait en premier lieu à ses compatriotes. En tout cas il rappelle bien le danger d’une alimentation basée uniquement sur « le plaisir de manger », car même si la jouissance procurée par un bon plat aide à la sécrétion des endorphines, une alimentation excessive s’avérera nocive.

 

Chapitre 4 : Si le cerveau reste jeune, nous pouvons vivre 125 ans

 

Bien entendu ça ne l’engage que lui, mais dans ce chapitre l’auteur prône la théorie selon laquelle la longévité est fonction de paramètres exclusivement « physiologiques »; il va jusqu’à dire « En l’état actuel de la science, il devrait être possible d’atteindre cet objectif [dépasser la barre des 110 ans] ».

 

En tant que croyant je ne peux, bien évidemment pas, accepter cette thèse, car la vie et la mort sont le domaine exclusif de Dieu. Ceci dit, il nous a été demandé de prendre soin de notre corps, de notre alimentation et de notre santé de façon générale. Nous sommes tenus d’accomplir ce qui est susceptible de garantir notre vie sans pour autant y voir un effet de causalité indépendant de Dieu.

 

Donc oui pour l’alimentation saine, oui pour les sécrétions d’hormones positives, oui pour l’entretien du corps, et NON ce n’est pas cela qui me fera vivre plus longtemps que ce qui est déterminé pour moi. Nous rejoignons ainsi l’auteur lorsqu’il parle de ce que l’on devrait faire pour s’assurer une longévité, mais nous nous séparons de ses propos lorsqu’il avance que notre longévité dépend de notre mode de vie.

 

Ce chapitre se termine par pas mal d’exercices allant du massage tsubo du visage (que l’on peut se faire soi-même) aux exercices respiratoires. Une phrase m’a interpellé à la fin du chapitre, je vous laisse la découvrir et la commenter 🙂

Il est recommandé de se laver le visage plusieurs fois par jour et, à cette occasion, de bien masser les tsubo (points d’acupuncture) du visage. Non seulement cela embellit la peau, mais stimule aussi divers organes internes, et surtout le cerveau et la sécrétion d’hormones du bonheur.

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Notre avis personnel :

 

Les – – :

  • Destiné à la base à un public japonais, donc de tradition shintoïste et bouddhiste, on ne se reconnait pas dans certains propos
  • Un peu trop technique par moments

 

Les + + + + :

  • Bien traduit, rappelons que c’est une traduction de la traduction allemande de la version japonaise
  • Grande taille de police de caractère ce qui rend la lecture paisible
  • Plus de 260 pages pour seulement 4 chapitres, cela synthétise bien les idées (ça change des livres où vous avez 12 chapitres pour 120 pages)
  • Livre à lire absolument pour celles et ceux qui ne croient qu’en la médecine occidentale

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