Chronique proposée par Hind

[EnvieDeBienGrandir]

« Lis ce livre et tu comprendras mieux pourquoi les wc de ta grand-mère au Maroc sont mieux pour la santé que les tiens » me dit une ostéopathe au cours d’une formation.

On était en pleine discussion philosophique sur toutes ces choses qui ont changé, facilité notre quotidien mais qui malheureusement, avec du recul se sont avérées néfastes pour notre santé. Le micro-onde par exemple, bon là rien de choquant, mais dans la liste, les wc sont ressortis, hein ? qu’est ce qu’ils ont mes wc ???

Bon ça on y reviendra prochainement dans un article sur  www.la-medecine-autrement.com et pour les plus pressés, lisez ce livre 🙂

Quoi qu’il en soit, c’est au cours de cette discussion que j’ai entendu parler pour la première fois du livre « le charme discret de l’intestin », très joli titre je trouve et qui reflète bien le contenu du livre.

A partir de ce jour, j’ai subi ce que Sami et moi on appelle  « l’effet Xantia » lol effet que vous avez tous déjà expérimenté. A l’époque, on a eu une Xantia, et depuis le premier jour où on l’a roulé, on ne voyait plus que des Xantia partout alors qu’avant, rien de rien.  C’est comme, nous les femmes, une fois enceinte, et bien on voit des femmes enceintes partout, vous voulez acheter un modèle de poussette précis, bein vous le voyez partout. Ça vous parle ?

Et bien depuis le jour où on m’a parlé de ce livre, je n’ai plus vu que lui partout, dans les librairies, les supermarchés, dans les mains des gens assis dans les trains, sur des bancs, dans la salle d’attente du dentiste, bref partout !

Ce livre écrit par Giulia Enders, jeune chercheuse allemande en médecine (elle est née en 1990), est un véritable phénomène. Il s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en Allemagne.  Enders a  réussi le pari de vulgariser des concepts scientifiques tirés du domaine médical.

Tout au long de ce livre qui ne manque pas d’humour (c’est d’ailleurs la première fois que je souris et ris en lisant un livre « médical »), elle nous propose une véritable visite guidée du tube digestif et de tout ce qui le concerne.

Elle explique que le corps est composé de trois « chefs-d’œuvre » ; le cœur, le cerveau et l’intestin. Malheureusement, les projecteurs sont la plupart du temps mis sur les deux premiers et le dernier est très souvent négligé, à tord….

« Nous jugeons le cœur indispensable à la vie parce qu’il permet au sang de circuler dans tout notre corps, et nous admirons le cerveau parce qu’il est capable de former des pensées étonnantes à chaque seconde. Pour ce qui est de l’intestin, en revanche, la plupart d’entre nous pensent qu’il n’est bon qu’à se vider. Le reste du temps, il feignante sans doute, pendouille inutilement dans le ventre et lâche peut-être un pet de temps à autre. Compétences particulières ? Aucune, à ce qu’on croit savoir. Il faut le dire nous le sous-estimons et, pour être franc, il nous fait même honte. L’intestin, ça craint. » 

Au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture, on commence à comprendre les subtilités du fonctionnement de notre système digestif et à saisir le rôle primordial qu’il a en réalité sur tout notre corps.

Le livre : Le charme discret de l’intestin : Tout sur un organe mal aimé

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Partie 1 : Le charme discret de l’intestin

Dans un premier chapitre l’auteure commence par nous expliquer le rôle des 2 sphincters. On comprend mieux pourquoi il n’est pas bon de se retenir en permanence pour aller à la selle.

Elle attaque ensuite le dossier des toilettes. On apprend alors que notre superbe cuvette, aussi jolie soit-elle est responsable de soucis de santé tels que les hémorroïdes ou encore la diverticulite ; une maladie inflammatoire de l’intestin. Elle nous explique que la position naturelle, la plus respectueuse envers notre corps et donc la plus saine pour faire ses besoins, est celle que l’on adopte dans la nature, et que l’on retrouve également quand on utilise des « toilettes turques ».  La présence d’illustrations facilite la compréhension du mécanisme. Bien entendu, elle donne des solutions pour utiliser la cuvette de manière efficace.

On passe ensuite à la cavité buccale, le début du tube digestif. J’ai beaucoup apprécié cette partie où l’auteure nous explique le fonctionnement des glandes salivaires. On y apprend par exemple que la salive (qui est du sang filtré) contient de l’opiorphine, un puissant antalgique et également des mucines, une barrière anti bactérie. On comprend mieux alors certains soucis au réveil : moins de salive la nuit, donc moins de protection contre les bactéries donc sacrée haleine le matin 🙂 et pour certains, douleur à la gorge.

On continue ensuite la croisière et tout y passe, la langue, les amygdales, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle, l’appendice, le gros intestin.

Dans cette partie, elle traite également du rôle important des glucides, lipides et acides aminés (toujours de manière vulgarisée) avec des conseils directement applicables pour améliorer son hygiène de vie.

Cette première partie s’achève par un chapitre portant sur des allergies et autres intolérances alimentaires.

J’ai bien aimé cette réflexion lorsqu’elle parle de l’intolérance au fructose :

« (…) nous faisons face aujourd’hui à une offre de fruits qui, sans globalisation ni transports aériens, n’existerait nulle par sur la planète. En hiver, les ananas des zones tropicales voisinent sur nos étals avec les fraises fraîches des serres hollandaises et quelques figues séchées du Maroc. Ce que nous faisons entrer dans la catégorie d’une intolérance alimentaire, ce n’est peut-être que la réaction tout à fait saine d’un corps qui, en l’espace d’une génération, a dû s’adapter à une alimentation telle qu’elle n’a encore jamais existé »

Avant de passer à la deuxième partie, l’auteure nous offre un petit carnet scatologique de 6 pages dans lequel elle détaille la composition, la couleur et la consistance que devrait avoir ou non la matière fécale.

Partie 2 : Le cerveau d’en bas

L’auteure s’intéresse dans cette deuxième partie au système nerveux viscéral également appelé système nerveux autonome puisqu’il a la particularité de gérer son travail :

 «  Si l’on coupe les voies de communication entre ce système et le cerveau, le spectacle donné dans nos viscères ne s’interrompt pas pour autant et les interprètes continuent de s’activer gaiement pour accomplir le travail de digestion »

On commence par suivre le chemin qu’effectue un morceau de gâteau depuis notre assiette jusqu’à notre cuvette.

On s’intéressera ensuite au problème du reflux gastrique, des vomissements, de la constipation, on verra les différentes causes qui expliquent ces 3 désagréments et aussi des solutions pour y faire face.

Enfin cette partie se termine par un chapitre très important qui porte sur notre second cerveau (celui du bas). On y apprend que les intestins sont capables d’influencer le comportement de notre cerveau, que par exemple certaines bactéries bénéfiques sur l’intestin peuvent apporter des résultats sur le stress voire un état dépressif (cf l’expérience de la souris qui nage).  La communication qui existe entre nos deux cerveaux y est très bien détaillée.

Partie 3 : La planète microbienne

« Parmi tous les micro-organismes qui se baladent en nous et sur nous  (…) 99% se trouvent dans l’intestin. Non pas parce qu’il n’y en a presque pas ailleurs, mais parce qu’il y en a un nombre inouï dans notre intestin »

«  un gramme d’excréments contient plus de bactéries qu’il n’y a d’êtres humains sur Terre »

Bref, vous l’aurez compris, on ne les voit pas, mais ils sont là en force et  l’auteure leur dédie une très grande partie (c’est même la plus grande des trois).

Toute notre planète microbienne a une influence sur nous et cela est différent d’un individu à l’autre puisque, n’ayant pas eu le même vécu nous n’avons pas développé notre patrimoine microbien de la même manière. L’auteure revient justement sur ce vécu en expliquant le rôle de l’accouchement par voie basse sur la mise en place du patrimoine microbien de l’enfant. Les enfants nés par césariennes sont donc plus vulnérables les premiers mois (voire années) de vie.

L’auteure revient  aussi sur le lien qu’il y a entre le système immunitaire et les bactéries car en effet, on aurait pu s’attendre à ce que notre corps rejette ces minuscules « sous-locataires »  et pourtant, ce n’est pas le cas.

Vient ensuite le détail des trois types d’intestins auxquels chacun de nous appartient (en lien avec les trois familles bactériennes qui y vivent). Cette classification est intéressante dans le sens où chacune présente des propriétés bien à elle.

Dans cette partie, l’auteure revient également sur le rôle que joue cette flore intestinale, sur le lien qui existe entre bactéries et prise de poids, sur l’existence des mauvaises bactéries parasites.

Enfin on finit cette dernière partie par un chapitre portant sur la propreté, son excès, ses conséquences et sur la prise d’antibiotiques de probiotiques et de prébiotiques.


Notre avis personnel :

Les – :

  • Dommage que ce livre ne soit pas au programme de SVT dans les collèges ou lycées, il changerait le rapport que les jeunes entretiennent avec la biologie, c’est certain.

Les +++ :

  • Très bien vulgarisé, se lit facilement
  • L’humour et les métaphores rendent la lecture agréable
  • Les chapitres sont courts

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